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 °How to save a Life°

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Maellys
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MessageSujet: °How to save a Life°   Mar 10 Avr - 11:31

Le ciel s’obscurcissait de plus en plus, seuls quelques lampadaires éclairés les rues qui menaient à l’hôpital Balthus Ivanov. Bien que situé entre l’université et le centre commercial, l’hôpital n’a pas la même réputation ni le même public. Aussi lorsque l’on s’approche des lieux on entend des bruits étranges, des coups de feus, des cris, des pleurs, ici tout le monde est logé à la même enseigne. Les riches et les pauvres sont aussi bien soignés, il n’y a pas de différence de classe devant la souffrance. Une forme féminine marchait en direction de l’entrée des urgences, le pas tranquille ignorant les bruits et les rumeurs de la ville.

Maellys remonta le col de son imper sentant des frissons dans sa nuque signe que le temps maussade commençait à faire son œuvre sur la ville. La pluie et l’obscurité sont propices à tous les phénomènes étranges. Les portes automatiques des Urgences s’ouvrirent sur le passage de la jeune femme, elle sortit son passe et l’introduisit dans le capteur pour ouvrir les portes pare-balles et pare-feu isolant la véritable entrée des urgences. Son regard s’attarda sur la foule de patients qui se trouvait assis sur des sièges inconfortables attendant désespérément que quelqu’un s’occupe d’eux.

Puis elle s’avança vers le comptoir de l’accueil salua d’un p’tit clin d’œil Maggie la nouvelle standardiste qui était en ligne avec ce qui semblait être un patient mécontent. Le jeune médecin longea le comptoir et prit le couloir de droite et entra dans la salle de repos du personnel, là, elle retrouva Jamie, un chirurgien de garde. Il était très pro et sympa, ils faisaient souvent équipe tous les deux. Ils se disputaient et s'entendaient comme frère et soeur.

« Maë, je suis content de te voir ! C’est la folie ce soir, je ne sais pas ce qu’il se passe en ville mais ici on est débordé » lui lança-t-il dès qu’il l’aperçu.

« Tu es toujours content de me voir, avoue-le » Elle s’approcha de son casier et enleva son imper trempé. « Tu me fais un p’tit briefing sur les cas chir et les traumas, je crois que je ne vais pas chaumé ce soir. »

Maellys commença à enlever son pull et son chemisier pour enfiler sa chemise stérile verte, elle se retrouva en soutif devant le pauvre Jamie qui avait décidément du mal à se faire à ce vestiaire mixte. Une fois que la jeune femme enfila la chemise, il put recommencer à parler.

« En salle 1 tu as une victime de viol, c’est plutôt moche, la fille a été frappée au visage, lacérée sur les cuisses et les bras en plus du traumatisme qu’elle a subit. En salle 2 on a une blessure par balle, un jeune d’un gang, ce n’est pas trop grave. La balle a traversé son biceps de part en part mais le plus inquiétant c"est un son comportement. Il est peu secoué le gamin, Doc McDermott a fait appelé la psychiatrie, on les attend toujours ! Enfin tu les connais. Salle 3 on attend un trauma, piéton contre voiture, l’ambulance devrait arrivée d’une minute à l’autre. Salle 4,5, et 6 Doc s’en occupe un carambolage une famille s’est fait sortir de la route»

Pendant ce temps là, Maellys avait enlevé son jean et passé le pantalon vert habituel. Elle enfila sa blouse blanche, passa son stéthoscope autour du cou, plaça trois stylos bic dans la poche de devant, un rouleau de sparadrap dans la poche gauche et accrocha son biper à son pantalon. Maellys regarda intensément Jamie lorsqu’il parla de la famille qui avait eu un accident de la route, de mauvais souvenirs lui revenaient en tête. Elle ferma les yeux et respira une grande bouffée d'air.

« Et si on y allait Jamie, je crois que l’ambulance est là, les douces sirènes chantent à mes oreilles, il est temps d’aller sauver une vie. »

La porte se referma sur la salle de repos vide après le départ des deux médecins. Ils avaient eu juste le temps de sortir que le piéton entrait sur un brancard en salle 3. Au loin suivaient des policiers tenant fermement le chauffard commotionné qu’une infirmière allait prendre en charge.
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Sasha
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Sam 28 Avr - 18:57

Pourquoi retourner sur un lieu qui avait à la fois causé tant de bonheurs, mais qui était aussi responsable de sa propre perte... Nul ne le savait, pas même Sasha. Elle avait déambulé un peu au hasard des rues de la ville, passant devant le centre commercial et son agitation habituelle, lorgnant d'un oeil morne le campus de l'université, totalement déserté grâce au temps pourri qui sévissait depuis quelques jours déjà, l'esprit en berne, le cou rentré dans le col de son blouson de cuir, dans une vaine tentative de se protéger des gouttes de pluie qui lui dégoulinaient dans le cou.

Lorsqu'elle releva la tête, elle ne fut pas réellement surprise de se retrouver devant l'entrée des urgences de l'hôpital, le vieux bâtiment de pierres rouges avait produit son effet d'aimant, sensation familière chez l'ex-étudiante infirmière. La seule chose qui avait changé depuis sa dernière venue, c'était la façon dont on devait maintenant procéder pour sauver sa vie, si on se présentait devant cette porte réservée au personnel. Sans badge, on restait derrière la porte de verre fumé, qui protégeait l'intimité des personnes qui se trouvaient derrière, quelle que soit la raison de leur visite à l'établissement.

Elle resta plantée là quelques minutes, le regard chargé de regrets. La pluie avait fait son oeuvre ; l'eau qui ruisselait sur le visage de Sasha masquait des larmes embarrassantes pour celle qui avait été jadis une jeune femme sûre d'elle et démesurément ambitieuse. S'offrait maintenant à elle un choix Cornelien : soit elle rebroussait chemin, chassait ses vieux démons d'un geste de la main, et poursuivait ses déambulations en ville, soit elle entrait, et tentait de retrouver son condescendant collègue de la pharmacie. A moins que...

Le regard de la belle s'illumina soudain d'une lueur de convoitise, un sourire narquois dessina ses lèvres sèches et pleines de peaux mortes. La solution à son problème, à ses besoins immédiats, était toute trouvée. Certes, elle serait peu orthodoxe et malhonnête, mais c'était la seule qui lui était venue à l'esprit en cet instant. Et puis de toute façon, la seconde option restait toujours valable, au cas où elle ne réussirait pas à tromper les médecins des urgences.

Sasha contourna rapidement le bâtiment, le coeur gonflé d'un espoir malsain, arriva bien évidemment devant les portes coulissantes dont le bruit lui était plus que familier et entra. Elle possédait un avantage non négligeable : nul besoin de passer par l'accueil, elle connaissait les lieux par coeur, ça oui ! Sortant les mains des ses poches, elle secoua son blouson pour en faire partir l'eau de pluie, et se dirigea directement vers le couloir concerné. Le bruit de ses pas ne pouvait que se remarquer, ses semelles de crêpes couinaient à chaque enjambée. Elle haussa les épaules ; après tout, pourquoi se soucier d'un anonymat quelconque, tout le monde ici observait l'autre sans vergogne. La curiosité humaine était présente partout, mais plus encore ici et maintenant.

Le couloir tant convoité se présenta alors à Sasha. Il y régnait l'ambiance habituelle : agitation des infirmières qui couraient dans tous les sens pour se procurer tel ou tel médicament, médecins qui criaient des ordres à personne et tout le monde en même temps, brancards alignés le long des murs par manque de place dans les box de soins, ou les salles de sutures, et, au loin, la salle de repos des sauveurs de vie, ceux qui se prenaient parfois pour Dieu en personne ou faisaient preuve d'une modestie sans bornes. Quelque part, Sasha se trouvait à sa place, à une seule différence près : elle devrait avoir un uniforme blanc, au lieu de son vieux jeans troué et de son blouson difforme.

Deux médecins encore frais, dont le visage n'était pas marqué par les trop nombreuses heures de gardes, sortirent de la salle de repos en même temps, l'air complice, et prêts à faire le métier pour lequel ils avaient longuement étudié.

Sasha resta plantée là, hésitant encore sur la façon de procéder.

*Pour une fois, réflechis ma fille, ne gâche pas ta chance de te sentir mieux...*
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Isaac Delacroix
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Mer 9 Mai - 2:04

"Qu'est-ce que tu comptes faire ?", déclara alors la voix forte d'un inconnu. Cette voix remplie d'assurance et de conviction avait quelques choses de follement mystérieux. D'imposant. On aurait cru entendre : Ne t'inquiètes pas Sasha, je suis là pour te protéger. Je te connais. Je connais tous tes problèmes. Ne fais pas ça petite, je vais te sauver. La grande classe.
Cette voix, elle appartenait à Isaac Delacroix, qui n'avait absolument aucune idée des soucis qui préoccupaient la jeune femme. Il ne savait rien d'elle - excepté son nom : Sasha. Dieu l'avait envoyé sur Terre avec un simple mot et la mission de sauver le mortel qui le portait. Pas très précis comme briefing. Du coup, le gardien n'était même pas sûr de s'adresser à la bonne personne. Il s'était certes retrouvé dans ce couloir en particulier, mais son protégé pouvait être n'importe quel patient de l'établissement. Ou chirurgien. Infirmière. Femme de ménage. Remarquez, si ce n'était pas elle, Sasha n'entendrait rien d'autre que le claquement des portes et les tumultes classiques d'un hôpital ... Le problème semblait donc réglé.
Isaac glissa une main dans les poches de son jeans. Accoudé contre le mur, s'efforçant de ne pas trop froisser les ailes envahissantes qui poussaient de part et d'autre de son dos, le garçon dévisageait sa potentielle protégée en souriant.
"Hum, ça risque d'être compliqué. Regardez moi ça ... quel top model !", murmura-t-il pour lui-même. Faut' dire qu'avec ses cheveux vaguement coiffés ... ses lèvres gercées ... ses vêtements usés ... sa mine déconfite ... De plus, elle était trempée de la tête au pieds : une vraie éponge. Oui, la fillette payait la tête d'une personne en voie de perdition. Il fallait la sauver (et l'essorer). Au plus vite. Si ce n'était pas Zaza, il y avait certainement un autre protecteur sur le coup.

Le gardien tourna la tête vers deux médecins quittant les vestiaires, que Sasha semblait prête à interpeller pour une raison qui lui échappait encore. Un homme et une femme plutôt jolie, en bonne santé apparemment. Il fallait un moral d'acier pour assumer les responsabilités d'un tel boulot. Et parfois même un estomac solide ... Isaac soupira et jeta un coup d'oeil aux alentours. Les urgences semblaient particulièrement bondées aujourd'hui. Ca et là gisaient des gens de toute classe, de tout âge, parfois si mal en point qu'on se demandait s'ils étaient encore vivants. Accidents de travail, chutes, égratignures, femmes enceintes, bosses, fractures, malaises, rhume, entorse, crises cardiaques ... Tout les cas d'figure s'y mélangeait.
*Je me demande bien ce qui la pousse à venir ici. Elle n'a pas l'air en grande forme - c'est certain - mais au point de se faire hospitaliser ... Peut-être rend-elle visite à une connaissance ? Non, je n'crois pas. Elle apporterait un bouquet d'fleurs*
Perdu dans son esprit tordu, Zaza n'accordait plus trop d'attention à la jeune fille, tout en ne pensant qu'à elle. Ses beaux yeux azurs parcouraient distraitement le sol. Un bout de langue rose glissait entre ses dents et mouillait ses lèvres, signe d'une intense réflexion. Plus haut, des cheveux coiffés avec soin et séparés par une raie bien nette tenaient leurs reflets des lampes à néon qui éclairaient le couloir. Vêtu d'une veste à capuche marron d'où s'échappait un morceau de T-shirt blanc, et d'un jeans dont l'emplacement de la marque avait été arraché, le jeune homme ne se distinguait pas des autres patients. Mais - il y avait un mais. Si Sasha se retournait et décidait de n'accorder aucune importance à l'abruti qui l'interrogeait, c'est qu'elle ratait un détail important de son physique : deux tas de plumes dans les tons gris foncés d'un peu plus d'un mètre.

Car aussi dingue que cela puisse paraître, Isaac était un ange - enfin, un gardien. Vous l'aviez déjà compris depuis un bout d'temps ... Mais Sasha, elle ? Comment réagirait-elle ? Etait-elle seulement croyante ? Pour une athée, voir un type ailé débarquer autre part que dans un bal costumé paraissait complètement irréel. Le considérait-elle comme un cinglé visitant cet hôpital pour recevoir sa dose quotidienne de calmant ? Ou au contraire, se croirait-elle folle ? Que de questions, que de questions ... Généralement les humains n'étaient pas très crédules. Accepter que des êtres morts puissent réapparaître sous forme d'anges pouvait leur prendre quelques jours, voir plus. Cela dépendait du mortel, mais aussi de ses croyances.
*Tout c'que j'espère, c'est qu'elle ne va pas essayer de me couper les ailes avec une paire de ciseaux pour voir si ce sont des vraies. Je ne ressens peut-être pas la douleur, mais ce n'est pas une raison pour me déplumer comme un coq*
D'ailleurs, l'idée d'être comparé à un coq n'était pas non plus très flattante. Une colombe à la limite ... Pourquoi pas ?
Isaac retira une main de ses poches et la plaqua contre sa nuque. Son regard fugueur examinait aléatoirement le plafond, les sols, les malades, Sasha, les médecins, les néons, le plafond, Sasha, le plafond ... Puis le garçon opta enfin pour l'action : leeeentement, il décolla son poids du mur carrelé et marcha. Ses jambes élancées esquissaient des foulées rapides et l'affublaient d'une démarche chaloupée. Chaque pas soulevait un mouton de poussière sur le carrelage et secouait ses plumes. Quelques secondes plus tard, il se retrouvait nez à nez avec la supposée demoiselle en détresse.
"C'est toi, Sasha ?", se contenta-t-il d'ajouter dans une espèce de sourire rassurant pour le moins risible.


Dernière édition par le Ven 11 Mai - 0:05, édité 1 fois
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Maellys
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Jeu 10 Mai - 22:56

*Allez un peu de courage* pensa Maellys en suivant James dans le couloir en direction du point central des urgences, le triage. C'est là que les infirmières et les urgentistes évaluaient l'importance des blessures, maladies et autres symptômes pour les placer dans les salles de soins et de trauma. En passant derrière le comptoir des admissions, Maellys remarqua une jeune femme qui la dévisageait et l'observait en silence. Les cheveux mouillés, des vêtements trempés et déformés, un air un peu hébété mêlé à un vif intérêt, cette jeune femme était étrange. Elle semblait détonné dans ce décor et en même temps elle s'y fondait totalement.

*Que fait cette fille ici? J'ai l'impression de l'avoir déjà vu...*

La jeune urgentiste porta son attention sur Mary, l'infirmière en chef de l'équipe de nuit, qui lui donnait plusieurs dossiers en attente d'un diagnostic. Cette nuit les Urgences était débordée comme elle l'avait ressentie l'obscurité et le pluie avait amené toute sorte de patients, de personnages à l'hôpital.

"Mae! On a besoin de toi, laisse tes dossiers et vient tout de suite!"

Maellys releva la tête et aperçu son ami l'air inquiet. Elle reposa ses dossiers en vitesse et jeta un regard vers le mur où se trouvait encore la jeune demoiselle étrange. A cet instant quelqu'un s'avançait doucement vers elle. Elle aurait aimé resté un peu plus longtemps mais elle devait y aller.
Avant d'entrer dans la salle de trauma, Maellys prit une grande inspiration et poussa les portes après avoir rajusté sa blouse et son stéthoscope.

"Désolée pour le retard! Tout le monde est prêt à tout donner pour ce p'tit gars. Il est encore trop tôt pour lui."

Il ne fallut pas 5minutes à James et Maellys pour trouver la cause de l'hémorragie. Après plusieurs examens, ils découvrirent que la rate de jeune garçon avait éclaté. Maellys prévint la chirurgie pour une opération en urgence. Ils stabilisèrent les signes vitaux du garçon et sortirent de la trauma.

"Bien joué tout le monde! Joli travail!"

Maellys enleva sa blouse et ses lunettes de protection et les jeta. La jeune femme chercha du regard la jeune femme mystérieuse et la personne qui désormais était à ses côtés. Elle sentait un présence rassurante près d'elle mais n'aurait pas pu dire de qui il s'agissait.
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Sasha
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Ven 11 Mai - 15:21

Il ne s'était pourtant écoulé que quelques minutes depuis son arrivée, c'était un fait certain, indéniable, mais pourtant Sasha avait l'impression d'être là depuis une éternité. Depuis son arrivée, depuis qu'elle s'était postée inconsciemment entre le comptoir d'accueil et la salle d'attente, l'hôpital semblait se remplir de gens de toutes sortes, à mesure que la pluie elle, au dehors, continuait de battre son plein, et remplissait les égouts. Une pensée fugace traversa l'esprit embrumé de la jeune droguée... il ne manquerait plus qu'un clochard aviné et endormi se noie dans ce lieu qui n'était généralement fréquenté que par les rats, pour donner un peu plus de travail aux médecins et infirmières. Comme si ils n'en avaient pas assez ! Mais bon sang, qu'est ce qu'elle aurait aimé y participer, apporter son aide et son savoir. Sasha secoua la tête, ses cheveux pourtant courts se débarrassant d'une eau encombrante, et revint à la raison. Enfin, si l'on peut dire ainsi.

Un frisson parcouru l'échine trempée de Sasha, qui grelota aussi vite que les goutes d'eau lui descendaient au creux des reins. Malgré ses efforts, le tee-shirt délavé qu'elle portait sous son blouson était trempé, mais son corps devenu chétif n'acceptait pas qu'il vienne se coller à lui. Pas à tous les endroits en tout cas. Machinalement, elle remit les mains dans les poches du blouson, seul endroit encore à peu près sec, en se disant qu'au moins, cette partie de son corps serait réchauffée. La position debout commençait aussi à peser lourdement sur ses jambes déjà fatiguées, et ne parlons pas de ses pieds, qui portaient un squelette certes léger, mais qui n'avaient pas eu leur quota de repos bien mérité. En baissant les yeux, elle aperçut la petite flaque d'eau qui entourait ses docks-martins. Nouveau haussement d'épaules, elle n'était pas la seule à tremper la place.

Du coin de l'oeil, Sasha avait aperçu le jeune homme à sa gauche, presque immédiatement après son arrivée, mais n'avait dévié son regard, fixé droit devant elle, observant, analysant et tentant de prendre une sage décision. De plus, elle n'était pas venue pour discutailler avec un autre visiteur de l'hôpital, Sasha n'avait que faire des complaintes de ses compagnons d'infortune. Tout ce qu'elle voulait, c'était attirer l'attention, ce qui n'était commun chez elle, personne ne lui volerait donc ce sursaut de volonté.
Pourtant, il ne détachait pas ses yeux d'elle, semblait en proie à une réflexion tout aussi intense que la sienne, mais quelque chose lui disait que c'est à son propos qu'il se torturait ainsi. Eh oh, attirer l'attention, oui, mais pas de tous les badauds du coin non plus ! Le picotement familier sur sa nuque commençait à se faire omniprésent, pour ne pas dire désagréable. Mais il voulait quoi ce type, à la fin ? Sasha laissa un soupir d'agacement passer ses lèvres, et porta son regard sur le jeune homme. Pas banal, son accoutrement. Depuis quand on porte des ailes en permanence, alors qu'Halloween est encore loin...

*Pauvre type, tu sais que t’as l’air con, là ?*

Pour ne pas arranger l’idée que l’on pouvait se faire de lui, il se passait la langue sur les lèvres, laissant juste un bout rose dépasser. Encore un qui se trompait de service, ou espérait se faire interner en psychiatrie par le biais des urgences. Remarque, avec ses ailes grises d’ange d’échu, il ferait mouche à coup sûr. Le hic, c’est que juste après avoir passé sa main sur sa nuque, comme pour se convaincre que Sasha ne le mordrait pas s’il allait lui parler, il s’approcha d’elle. Sasha s’attendit à une question du style bateau, mais là encore, elle s’était fourré le doigt dans l’œil, et jusqu’au coude. Elle réprima un hoquet de surprise quand il prononça son prénom, arqua un sourcil, et se tourna vers lui.

"Hum… on se connaît ?"

Plutôt banale et prévisible la réponse, Sasha en était consciente. Elle aurait du répondre quoi ? Oui oui, c’est bien moi, enchantée de te connaître. Ben non, question banalités, elle se posait là quand on venait l’aborder comme ça. Le dernier qui l’avait fait, c’était le type avec lequel elle avait rendez-vous, dans un but qui ne regardait personne. La seule différence, c’est que la question de ce type là était justifiée. Lui, elle n’avait pas demandé à le voir.

Sans attendre de réponse, elle reprit son activité initiale, qui consistait à observer l’urgentiste qu’elle avait remarquée à son arrivée. D’ailleurs, elle se présenta en foulées rapides et sûres devant le rack où les dossiers d'admissions attendaient que l'on s'occupe d'eux, mais n'eut pas le temps de s'en saisir que l'infirmière en chef lui en tendait déjà plusieurs. Leurs regards se croisèrent un bref instant, regard dans lequel Sasha pu y lire de l'intérêt envers sa personne. Elle s'était fait remarquer, et cette fois par la bonne personne. Etrangement, elle en ressentit un peu de satisfaction, qui ne dura pas. Qui lui disait que cette femme overbookée s'intéressait à elle seule, alors que la salle d'attente était pleine, et qu'elle avait déjà des patients qui l'attendaient ? Rien, absolument rien. Son esprit devait sans doute lui jouer des tours, encore une fois. L'urgentiste rejoignit alors un box de soins où son collègue aperçu tout à l'heure l'appelait. Le charme était rompu.
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Isaac Delacroix
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Sam 12 Mai - 19:41

"Si l'on se connaît ? Non, justement. Je m'suis dit ..." Mais Isaac ne termina pas sa phrase. Et pour cause : Sasha venait de lui mettre un vent. Le regard flanqué sur un médecin, elle avait tourné les talons, comme ça ; ouais, elle s'était fait la malle sans lui laisser l'occasion de se présenter ou d'expliquer son apostrophe. PAF ! L'ego du gardien prit un sacré coup.
"Non mais je rêve, elle m'ignore ?! Elle m'ignore ... Elle m'ignore !", balbutia-t-il. Les lèvres entrouvertes du jeune homme en disaient long sur son ahurissement. Il était sidéré. Troublé. Vexé, aussi. Vexé que sa protégée l'ai envoyé promener aussi vite ; vexé de ne pas s'être montré à la hauteur. Pour une première approche, c'était raté. Il fallait se reprendre (oui, encore).
Toutefois, Sasha n'était pas la première mortelle sous la responsabilité d'Isaac. Un an déjà qu'il assumait le rôle de gardien. Vous imaginez ? Ce n'était que sa cinquième mission. Au bout d'une année d'entraînement, on pourrait croire que l'habitude, le professionnalisme, la persévérance - toutes ces petites choses qu'on accumule avec l'expérience et qui passent l'homme maître d'un art - suffiraient à rendre celui-ci inébranlable et efficace. Mais non. Il manquait l'essentiel : savoir faire, délicatesse et ... diplomatie. Zaza et les relations humaines, ça faisait deux. D'où son surnom le bleu.
*Cher journal, prends notes : étape une : revoir les techniques d'approche. Indispensable pour faire bonne impression*
Songea Delacroix junior tout en se jurant d'interroger un collègue gardien sur ses stratégies avant de repartir à l'abordage.
*Etape deux : trouver une tactique afin de rendre son récit crédule et plausible. Installer un climat d'confiance. Pas simple*
O.K. Deuxième étape : engagée. Mais par quoi commencer ? Que pouvait-il bien dire ... Oh et puis m*rde, il improviserait.

Alors qu'un certain gardien se mordait les doigts, Sasha poursuivait son ... plan. Affrontant courageusement le couloir carrelé de l'hôpital, elle s'approchait du rack d'une démarche précipitée. Les semelles de ses chaussures exprimaient à chaque pas leur chant de victoire et battaient le rythme, tandis qu'une bande de mèches rebelles lançaient des ovations à droite à gauche pour soutenir la tête qui les soutenait eux même. Prête à recevoir les armes avant de partir au combat ? C'était du moins l'impression que donnait la demoiselle, avec son allure toute fière et déterminée. Puis vint la douche froide. Position arrêt. Elle s'était brusquement éteinte, la petite lueur audacieuse qui brillait dans ses yeux cinq minutes plus tôt. Que s'était-il passé ? Isaac n'avait pas tout suivi mais percevait un peu de douleur dans le coeur de Sasha (Ouaw, que c'est poétique !)
Cette dernière resta flanquée là, devant le rack, sans bouger. Ses yeux contemplaient de manière soutenue le box de soins dans lequel deux médecins venaient de s'engouffrer. Alors quoi, l'urgentiste comptait-elle parmi les connaissances de Sasha ? Un membre de sa famille peut-être ? Avec qui elle entretenait des relations compliquées ? Une arrière cousine ? La soeur de l'ami d'un frère par alliance ? Sasha était lesbienne ? Elle cherchait son pédiatre ? Elle ... euh ... courrait derrière une amie d'enfance qui ne l'avait pas reconnu ? Décidément ... brouillard complet. Le gardien semblait à côté d'la plaque.
Si Sasha s'était emportée - serrant les poings, crachant avec furie, déchaînée contre n'importe qui, armée d'un regard de tueuse à gages, balançant tout ce qu'elle trouvait sur son passage - Isaac l'aurait compris. C'était le comportement normal d'une mortelle. Mais là, son impassibilité la rendait presque effrayante. C'était comme s'il ... n'y avait plus aucun espoir.

"Allons Isaac, tu n'vas pas attendre qu'elle glisse au fond du gouffre pour l'y repêcher ?", chuchota le protecteur pour lui-même. C'est vrai qu'à la regarder tomber en miettes, on passait presque pour un sadique. Un peu d'action, que diable ! Zaza n'avait qu'un mot à la bouche : AGIR. Sauf qu'il restait planté mains dans les poches dans son couloir, comme un con.
*Elle va me prendre pour un fou obsédé l'échappé d'un asile revenu hanter les hôpitaux du monde entier l'obsédé recherché par tout les journaux télévisés de vingts heures le type qui te harcèle et te fais peur jusque dans les toilettes publiques*
En résumé oui. Baaaah, même si Sasha l'agressait avec un kleenex, Isaac était intouchable. C'avait du bon d'être gardien.
Sur ces belles pensées philosophiques et intellectuelles, le protecteur abandonna son état de stupeur pour une deuxième tentative. Et hop, ses grandes jambes dessinèrent de nouvelles figures et le menèrent jusqu'aux côtés de la mortelle.
"Pardon, mais j'aimerai vraiment te parler Sasha. Ca te dérangerai de m'écouter avec attention cinq petites minutes ?"
Sans doute répondrait-elle d'un franc, bref et antipathique "OUI", mais Isaac n'en démordait pas. Il voulait se faire entendre. Entêté ? Oui, mais pas autant qu'elle. Les yeux azurs du garçon lançaient des décharges électriques ; il était aware, prêt à la retenir par les épaules ou par les ch'veux si l'envie de s'échapper vers un box de soins la prenait. Peu importe les objectifs que nourrissait la mortelle en ce moment même, il lui fallait d'abord se présenter en bonne et due forme. L'idée d'espionner Sasha incognito ne le tentait pas. Et puis, se sentir soutenue et aidée (même par un cinglé) ne pouvait lui faire de mal.
"Il faut qu'on parle, mais pas ici", ajouta-t-il. Les humains prendraient sa mortelle pour une folle si elle parlait *hu* seule.
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Sasha
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Ven 18 Mai - 1:59

Lorsque Sasha prit conscience qu'elle se retrouvait devant le rack des dossiers d'admissions, il était trop tard pour reculer. Elle y était, ne savait plus comment elle avait eu l'audace d'avancer jusque là, point. Ce qu'il fallait maintenant, c'était prendre une attitude assez nonchalante pour ne pas se faire aborder par l'hôtesse d'accueil, qui ne manquerait sûrement pas de lui rappeler qu'elle ne devait pas se trouver ici. D'ailleurs, un rapide coup d'oeil vers ladite hôtesse fit rapidement comprendre à Sasha qu'il valait mieux bouger avant que le cerbère qui gardait l'entrée des urgences ne montre les crocs.

Après un court moment de réflexion, elle fini par arriver à la conclusion que l'autre pouvait bien la mordre, finalement elle s'en moquait comme de la première cuite de son père. Après tout, rien ne lui interdisait d'approcher du comptoir, ses intentions n'étaient toujours pas dévoilées, elle ne faisait rien de mal. Du coin de l'oeil, un sourire narquois bien dessiné sur les lèvres, Sasha entre-aperçu le type qui l'avait abordée un peu plus tôt, et manqua de peu d'éclater de rire en imaginant la tête qu'il devait faire, planté là au milieu de la salle, ayant pris un vent mémorable. Sasha voulait qu'il lui lâche les baskets, ça aussi c'était clair, mais la tentation se fit la plus forte, elle ne put s'empêcher de tourner la tête vers lui. Bingo : mine déconfite, yeux en billes de loto, lèvres entre-ouvertes prêtes à gober les mouches... il ne lui manquait plus que le filet de bave au coin de la bouche pour parfaire son costume de cinglé en liberté. Dans pas bien longtemps, Sasha verrait débarquer des mastodontes en blanc, armés de seringues et de petites boules roses, bien décidés à lui faire enfiler la fameuse chemise qui s'attache dans le dos. Remarque, ça ferait un d'animation, et cela aurait l'avantage de la distraire et de l’occuper le temps que sa convoitise du moment pointe à nouveau le bout de son nez.

En attendant, les choses n’avançaient pas d’un iota, elle commençait à s’ennuyer ferme, et son estomac n’allait pas tarder à crier famine. Histoire de se donner une contenance, Sasha ouvrit son blouson pour aller à la recherche de quelques pièces qui, avec beaucoup de chance, seraient tombées dans le fond de la poche intérieure, dont la doublure était déchirée. Tout occupée qu’elle était à farfouiller d’une main et remonter le blouson de l’autre, elle ne s’était pas rendue compte que le type revenait à la charge, visiblement bien décidé à lui pourrir le restant de la journée, et qui en plus se payait le culot de la tutoyer. Ben voyons, en plus d’être aimable et de faire la causette avec un parfait inconnu, elle avait aussi oublié qu’ils avaient élevé les cochons ensembles…

Tant pis pour lui. Après tout, si ça lui plaisait de se ridiculiser en public, c’était son problème, pas le sien. Intérieurement, S asha se remémorait des principes appris à l’école d’infirmière : garder son calme, rester impassible dans la mesure du possible, ne pas sous-estimer la force des patients, et surtout, ne pas répondre aux provocations d’aucune sorte. Parfait, ça marchait à merveille. A défaut de lui servir dans le cadre de son ex-future profession, ça marchait aussi dans la vie de tous les jours, Sasha avait bien l’intention d’en profiter. Elle ne prit pas la peine de lui jeter ne serait-ce qu’un regard supplémentaire, et encore moins de lui répondre. Lasse de se tordre les doigts pour les passer dans le trou de la doublure, elle fini par attraper le col du blouson et le secouer. Un tintement familier lui arracha un sourire de satisfaction, et l’espoir qu’il y aurait assez pour nourrir le distributeur de friandises.
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Maellys
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Dim 27 Mai - 18:23

Près du Rack, Maellys attendait les résultats des analyses d’un patient admis pour une TS, elle avait besoin de savoir si le taux de barbituriques était assez bas pour commencer enfin une dialyse et nettoyer ainsi le sang de toutes les toxines. La jeune femme en profita pour faire le tour des dossiers d’admissions afin d’organiser sa garde en fonction des cas les plus critiques ou demandant le plus d’attention. La soirée avait commencé sur vitesse grand V et ne semblait pas être sur le point de se calmer. Pourtant Mae se sentait rassurée et sereine comme si quelqu’un était près d’elle pour la rassurer. En relevant les yeux elle aperçut la jeune inconnu et un peu derrière le pauvre garçon qu’elle semblait totalement ignorer. Elle l’avait bien vu essayer de l’accoster mais la fille semblait totalement butée et l’évitait à chacune de ses paroles.

« Qu’est-ce qu’elle fait celle-là à rôder autour du rack ? Je crois que je vais aller lui dire deux mots ! Elle ne voit pas que tout le monde est occupé ! Je n’ai pas que ça à faire de m’occuper des personnes dérangées ! »

Cette voix dure et froide c’était celle de l’hôtesse d’accueil Marjorie, une femme aussi aimable qu’une porte de prison qui ne laissait approcher les patients de son comptoir que si vous étiez vraiment malade ou blessé par balle. La plupart des médecins et des infirmiers ne l’approchait que s’ils étaient forcés de le faire ou s’ils avaient besoin de prendre un dossier. Mae était un des rares médecins à ne pas craindre les colères de cette femme acariâtre.

« Je m’en occupes Marjorie, je vais aller parler à la demoiselle et à son ami. »

« A son ami ? Parce qu’en plus elle est accompagnée cette petite rôdeuse ! »

Maellys regarda bizarrement Marjorie, comment pouvait-elle ne pas remarquer le garçon brun qui était à deux pas de sa mystérieuse visiteuse. La jeune femme tourna la tête vers le couple qu’ils formaient, elle les voyait distinctement comme elle voyait Marjorie ou James. L’espace d’un instant elle essaya de comprendre ce qui se passait, elle voyait bien les regards des autres patients sur cette jeune fille se tournant et se retournant derrière elle comme pour voir quelqu’un. C’était une attitude étrange mais pas plus que cela.

« Je… Non, je me suis trompée, bon j’y vais et si vous avez les résultats de Tomy bipait moi s’il vous plait. »

Maellys prit le dossier du patient suivant et sortit du box d’accueil en longeant le rack et marcha jusqu’à la jeune visiteuse qui semblait être très occupée par ce qu’elle cherchait dans son manteau, elle le souleva et en fit tomber quelques pièces. Un sourire passa sur le visage de l’inconnue qui semblait satisfaite de son butin. En quelques pas elle se retrouva face à elle et engagea la conversation.

« Bonsoir Mademoiselle, Je suis le Dr Watanabe, je vais vous demander de m’accompagner jusqu’aux machines à café et friandises. De cette façon vous allez échapper à la mauvaise humeur de notre hôtesse et à l’intervention des agents de sécurités de l’hôpital. »

Discrètement elle fit un signe de tête au jeune homme. Ne sachant pas pourquoi elles étaient les seuls à le voir, Mae préféra ne pas s’adressait à lui directement, elle ne voulait que les patients croient que leur médecin était victime d’hallucination. Mae se déplaça tranquillement jusqu’aux machines où elle se paya un cappuccino et une barre de céréales aux fruits rouges. Comme avant chaque garde de nuit, elle ne mangeait quasiment rien, elle préférait se nourrir sur place soit de bonbons entre deux patients soit bénéficiant des plats rapportés par chacun pour toute l’équipe.
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Isaac Delacroix
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Lun 28 Mai - 22:33

Imperturbable, Sasha semblait décidée à oublier son gardien coûte que coûte. Quoi ? Elle ne lui avait pas répondu ?! Non. La voilà qui fouillait ses poches sans lui accorder la moindre attention, le moindre regard. Et que je secoue mon manteau par-ci par-là, à droite à gauche, histoire de faire du bruit, et que je te tourne le dos, et que je garde le silence bêtement, un sourire aux lèvres, que je te fasse comprendre que tu me pompes l'oxygène ... Aaaarg. Si la jeune femme avait ignoré Isaac depuis le tout début, s'abstenant de répondre à sa première question, il aurait presque cru qu'elle ne le voyait pas. Mais ce n'était pas l'cas. Il n'en doutait plus maintenant : la demoiselle qui lui faisait face s'appelait Sasha, était une vraie mégère et en plus du problème qui lui avait assigné un gardien, s'accordait de grosses difficultés en matière de savoir-vivre et de sociabilité. Mais bon Dieu, sur qui était-il encore tombé ?! Pourquoi tous les mortels n'étaient-ils pas comme le petit Samuel, son deuxième protégé. Un ange. Si agréable à soutenir. Si gentil. Inspirant tout d'suite l'envie d'aider. Pas comme elle.
"Garce", marmonna Delacroix junior. Les yeux plissés comme pour analyser chaque mouvement, chaque mimique qui déformait le joli minois de mademoiselle-je-t'ignore-puisque-tu-n'en-vaux-pas-la-peine-pauvre-naze, le garçon ressemblait étrangement à un molosse. Toujours prêt à bondir sur une proie. Sur un os. Ici, l'os en question, c'était Sasha. SON os. Alors il la défendrait comme un berger allemand, ou la guiderait comme un chien d'aveugle, ou l'amuserait comme un caniche, ou tiendrait le rôle du gentil saint-bernard avec son tonneau d'alcool. Grrrr ... Ouwaf ouaf ! Cla - cla - cla - cla - cla. Grrrrr. Ouwaf !
Battements de queue. Non, pas cette queue la ... euh. Retournons à nos moutons : Isaac se sent donc abusé et incompris.

C'est alors que l'urgentiste précédemment nommée vint à la rencontre de Sasha et engagea une discussion. Le gardien ne prêtait plus l'oreille à ce qui l'entourait depuis un temps relativement long, concentrant la totalité de ses pensées sur l'anti-sociable. Apparemment cette dernière avait attiré l'attention de l'accueil. Baaah, c'était ce qu'elle désirait. Non ? Si. Sasha fut gentiment conviée à rallier les distributeurs de bouffe pour papoter. Zaza esquissa alors un sourire ravi. Avec un peu d'chance, s'en suivrait une longue conversation sur les problèmes quotidiens de miss-tu-m'emmerdes-crétin. S'il suivait les femmes sans se faire repérer par celle-qui-l'envoyait-constamment-voir-ailleurs, il en saurait davantage sur son état.
Mais tout ces beaux plans que confectionnait Isaac devenaient inutiles (quoique, réfléchir pour des prunes semblait dans sa nature). En effet, il ne tarda pas à remarquer un petit signe de tête du docteur Watana ... Wataba ... Watamachin qui l'invitait à se joindre au groupe. Ce qui signifiait que elle aussi, le voyait. Incroyable. Cette femme d'apparence si sereine, si posée avait un gardien ? C'était une mortelle ? NoooooOOooOoon ... Dur à croire. Elle avait l'air si bien dans ses ballerines !
*Pourquoi c'est moi qui m'coltine la garce alors que certains ont la chance de guider une personne censée et aimable ?*
L'éternelle question. Pourquoi ? Parce que. Pas d'explications. Nothing. T'as ce qu'on te donne. Si t'es pas content, tu te dis :
a) Ce s'ra mieux la prochaine fois. Perpétuel optimisme de l'insouciant, source intarissable d'espérance et de rêve bleu.
b) C'est sûr, une fois que je l'aurai sauvée celle-là, je retourne là-haut et j'y reste. A moi le paradis, j'ai déjà trop donné.
c) OOoooh douleur ! Pourquoi tant de responsabilités sur mes pauvres épaules ? Ne suis-je qu'un homme, après tout ?

Isaac ne cacha pas sa joie d'être enfin vu par quelqu'un de bienveillant. Ses yeux ne quittèrent plus la femme médecin d'un cil, observant silencieusement ses déplacements jusqu'aux distributeurs puis optant pour suivre le même chemin. Sasha ferait sûrement de même, malgré son appréhension envers le type ailé qui lui collait aux pompes. Elle ne gâcherait pas une chance de s'entretenir avec Wata' au sujet de son problème - un problème que le gardien devait apprendre, pour sauver sa mortelle des injustices pesants sur ses épaules. Bref. Le jeune Delacroix pointa un doigt en direction de la médecin, et déclara avec enthousiasme : "Vous me voyez, vous aussi ? Biiien ... mais bizarre. Je n'vous aurais pas cru en difficulté."
Et c'était vrai. Bizarre ... bizarre. Elle ne semblait ni malade, ni droguée, ni affectée par un soucis quelconque. Comme quoi, les apparences étaient trompeuses. Certains passaient maître dans l'art de dissimuler leurs craintes et leurs difficultés. Mais inutile de reprendre tout ceci, vous le savez déjà. Les pensées du gardien sont assez ... répétitives. Il cogite souvent les mêmes choses jusqu'à se forger une opinion nette et précise. Voilà : le docteur est une mortelle. Passons au point suivant. L'urgentiste savait-elle ce qu'elle était ? Avait-elle rencontré son protecteur ? C'est que dans ce cas, ses connaissances lui faciliteraient la tâche. Sasha serait plus facile à convaincre avec l'appui d'une autre demoiselle en détresse. Le discours d'Isaac deviendrait plus ... cohérent. Ce dernier décida de mettre la garce de côté -pour le moment- et tourna les talons vers le docteur, lui adressant son plus beau sourire : "Donc vous êtes médecin, ici ? Ca n'doit pas être facile de sauver des vies tout les jours. N'est-ce pas, mon amie ?", son regard pointa vers Sasha. Allez ... elle semblait forcée de répondre, là.
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Sasha
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Mer 30 Mai - 19:21

Bingo. A rester plantée là, son "je n'ai peur de rien" pour seule arme, Sasha avait fini par attirer l’attention du cerbère en la personne le l’hôtesse, qui avait fini par mordre. Ah ah ah, et elle ferait quoi maintenant ? La virer manu militari, avec ses petits bras musclés et ses lunettes doubles foyer ? Invectiver Sasha parce qu'elle squattait le devant du comptoir, en lui faisant de l'ombre ? La bonne affaire tiens, qu'elle vienne, ça permettrait à la jeune junkie en manque de passer sa mauvaise humeur grandissante sur quelqu'un d'autre que le pot de colle qui ne lâchait pas prise. Ah, tiens, bingo double, la toubib qu'elle attendait sortit de son antre, consulta les dossiers encore en attente et, ne manquant pas de remarquer à nouveau Sasha, qui arborait son plus beau sourire niais en contemplant une piécette, prit le parti de la sauver des griffes de celle qu'elle considérait comme une employée fidèle, l'informant qu'elle se chargeait aussi de la "rôdeuse". A ce mot, Sasha fit un bond, prête à dégainer son chapelet d'insultes en tout genre, mais la doc ne lui en laissa pas le temps, et se présenta à une Sasha prête elle aussi à sortir les griffes.

*On se calme ma vieille, parce que là, tu as l'air d'une parfaite abrutie. Au moins, tu ne fais pas tâche, t'es pas la seule*

Ouais. Mission accomplie, attention du médecin attirée comme une mouche, autant par celle de Sasha que par celle de l'autre énergumène qui finirait par prendre racine, ses ailes et lui, et on fait quoi maintenant hein ? C'est qu'il faut bien le dire, Sasha n'aimait pas en général se plier à ce qu'on lui demandait de faire sans protester, c'était maladif chez elle, il fallait toujours qu'elle la ramène, qu'elle proteste ou montre son désaccord, même si elle finissait par faire ce qu'on lui demandait. On lui avait toujours appris à s'affirmer, ce n'est pas maintenant qu'elle changerait. Et puis de toute façon, si le médecin n'était pas arrivé, elle avait la ferme intention d'aller consulter les prix des friandises que son estomac lui réclamait, ce n'était donc pas déconnant de la suivre. En revanche, elle ne s'attendait absolument pas à ce qu'elle invite aussi l'autre abruti de service, et s'imaginait encore moins que l'on pourrait croire qu'il l'accompagnait. Bilan de courses, le nuage gris qui surplombait son encéphale détérioré refit son apparition, en moins de temps qu'il n'en fallu pour le dire. Non sans une once d'appréhension, parce qu'elle sentait que l'inévitable question "que venez vous faire ici" serait le sujet principal de leur discussion de salon, et parce que franchement, déballer le but de sa visite à l'hôpital devant un parfait inconnu, n'était pas ce que Sasha préférait, et de loin.

Malgré tout, Sasha saisit l'opportunité de ne pas poireauter des heures et des heures avant que son tour ne vienne, elle suivit le médecin sans broncher, et sans relever les regards assassins que les autres malades lui lancèrent au passage. Et, de son côté, n'oublia pas de jeter un regard assassin au type ailé qui les suivait, l'air ravi que quelqu'un lui accorde un peu d'attention.

"Je vais sûrement vous paraître bien prétentieuse, docteur, mais ni votre chien de garde ni vos agents de sécurité ne m'inquiètent outre mesure".

Ces quelques paroles prononcées, elle laissa le médecin faire son choix au distributeur, fit ensuite le sien qui se porta sur des biscuits secs, et arqua un sourcil méfiant à l'évocation de difficultés éventuelles que le type énonça à l'attention du docteur Watanabe. Il ne manquait pas de culot, ce type, tout de même. Non content d'aborder une parfaite inconnue dans un lieu public, la tutoyant comme s'ils étaient de vieux copains perdus de vue depuis longtemps, le voilà qui tapait la causette avec une autre inconnue, médecin de surcroît, celle par qui il pouvait se faire dégager en une seconde. Bon, d'accord, le signe de tête que lui avait adressé la doc était assez compréhensible, mais tout de même, Sasha ne se serait jamais permise de lui parler avec une telle familiarité.

L'air sombre, elle s'était reculée de quelques pas, se disant que leur conversation passerait avant son propre interrogatoire, tandis qu'elle mènerait une bataille acharnée avec ce maudit sachet, qui refusait de s'ouvrir, et produisait un désagréable bruit de plastique torturé à mesure que les doigts tremblants de la jeune femme s'acharnaient à l'ouvrir. Elle se retint de jurer, cela n'aurait servi à rien, et surtout pas à faire en sorte que les biscuits sortent de leur papier. Un grand coup sec, et l'objet de sa convoitise se retrouva entre ses doigts, pour finir sous ses molaires, qui les broyèrent avec délices. Avaler lui fut par contre plus difficile, lorsque le type s'adressa de nouveau à elle, l'appelant son "amie". Ce qui devait arriver arriva, Sasha avala de travers, commença à tousser en s'étranglant, et tentait de respirer le peu d'air que les miettes acceptaient de laisser passer dans sa gorge déjà irritée par ce qui y restait coincé.

Elle s'appuya d'une main contre le mur, tapa du plat de l'autre contre sa poitrine pour aider l'air à passer, sans prêter attention aux larmes qui lui dévalaient le visage. Une déglutition pénible, une seconde qui le fut un peu moins, l'air tant convoité emplit enfin ses poumons. Malgré son étouffement imprévu, Sasha n'en avait pas moins entendu le pot de colle poser des questions d'une banalité affligeante, continuant sur sa lancée culottée, et confirma les doutes de tous dans la salle d'attente : ils étaient amis et étaient venus ensemble.

"Moi, ton amie ? J'ai comme l'impression que les plumes, elles sont aussi plantées dans ce qui te sert de matière grise, pauvre type ! Je ne te connais ni d'Eve ni d'Adam, alors tu dégages, je ne suis pas assistante sociale, et encore moins psychiatre. Tu t'es trompée de crèmerie, l'emplumé…"

Après tout, il l'avait bien cherché celle là. Essoufflée à la fois par des biscuits récalcitrants et une tirade digne d'une harpie, Sasha se laissa glisser contre le mur où elle était appuyée, le fessier posé à même le carrelage, regard noir et pleins d'éclairs relevé vers lui, attendant de voir qui, des deux interlocuteurs qu'elle avait maintenant, tenterait de calmer le jeu. Ou pas.
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Isaac Delacroix
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Dim 1 Juil - 16:32

[C'est plus court que d'habitude, mais bon j'vais pas te faire attendre plus longtemps, désolé X) ]

Isaac esquissa une grimace quelque peu exagérée tandis que Sasha manquait de s'étouffer avec ses biscuits - chose qui n'aurait pas pu lui faire de mal, étant donné le bâtiment dans lequel ils se trouvaient. Puis le serpent déversa son venin de reproches et remontrances. Au moins, elle réagissait et lui témoignait davantage d'interêt. Car enfin ... cette engueulade pouvait bien donner l'ouverture d'une potentielle conversation ! Assise comme elle était sur le carrelage de l'hôpital, la demoiselle semblait plus disposée à écouter son gardien. Il ne lui restait maintenant qu'à se présenter comme il le faut.
"Je m'appelle Isaac. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, Sasha, tu es la seule personne dans cet hôpital - avec le docteur Watana ... huhum - à m'entendre et me voir", déclara le jeune homme d'un ton qui se voulait assuré et rassurant. Et c'était vrai : les quelques personnes présentes autour du distributeur dévisageaient la mortelle avec recul, se demandant si la jeune femme s'adressait au médecin ou à ... elle-même. Il suffisait de regarder : à droite, un vieil homme tranquillement posé sur un siège abaissa son journal quotidien pour contempler la scène qui l'empêchait de lire convenablement ; de l'autre côté, une mère de famille s'éclipsait avec ses deux enfants tout en chuchotant un commentaire de mise en garde.

Même cirque pour l'infirmière qui traversait le couloir avec une pile de dossiers chargés, plongeant ses magnifiques yeux bleus dans ceux de Sasha et doutant : est-ce que le docteur Watanabe se lançait dans la psychiatrie ? Finalement, c'était la junkie qui passait pour une folle. Et cette idée ne manqua pas de faire sourire Isaac, ravi de cette douce vengeance, mais également embarrassé de l'image qu'il pouvait donner de sa protégée. Quoique, elle l'avait bien traité d'emplumé ?!
"Je sais que c'est dur à croire ... et que tu n'vas même pas essayer d'y croire, d'ailleurs. Mais je suis un gardien. Ton gardien. Je suis ... censé te protéger de cette fichue vie, et te guider pour régler tes problèmes. Dingue, hein ? Ne penses pas que cela m'enchante particulièrement, vu l'accueil que tu m'as donné ... mais j'ai pas l'choix. C'est comme ça."
Les lèvres du jeune homme s'étirèrent en un sourire amicalement forcé. Les mains enfoncées dans les poches de son jeans, il essayait d'être convaincant. Mais de toute façon ... vu le vampire qu'on lui avait confié, ce n'serait pas tâche facile. Si la mortelle n'avait pas difficilement englouti son paquet de biscuits, elle l'aurait sans doute lapidé avec pour exorciser ses démons intérieurs. Bah, Sasha trouverait sûrement d'autres obus à balancer dans sa rage ... l'extincteur par exemple ?

Isaac décida de poursuivre dans son élan, s'adressant maintenant au docteur Watanabe. Il déclara : "Vous me voyez également, ce qui signifie que vous aussi, êtes suivie par un protecteur. Il vous a déjà contactée ? Ou pas ?"
Zaza croisa les doigts. C'est vrai quoi, ce serait tellement plus simple si cette jeune femme connaissait son gardien.
*Allons, inutile de te leurrer ... Tu n'auras pas de joker pour cette fois, Isaac. Débrouille toi tout seul, comme un grand*
Sans attendre de réponse, le gardien se tourna vers Sasha pour écouter d'éventuelles critiques. Il gardait tout d'même l'espoir d'une attitude humble et compréhensible - tu parles. Après tout, si lui était encore vivant (ou plutôt matériel), cela sortait d'un incroyable miracle. Une petite lueur d'optimisme brillait cependant dans les yeux du protecteur, tandis qu'il se mordillait nerveusement la lèvre inférieure. Ses ailes cendrées battaient sourdement dans son dos, contre ses épaules.
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Sasha
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Lun 23 Juil - 16:55

[Désolée de cette longue attente, tu peux taper Embarassed ]

Les moments de déprime passagers, tout le monde en a, vous ne direz pas le contraire. Mëme les pires caractères ont, un jour ou l'autre, un moment de faiblesse, qu'ils pourront tant bien que mal tenter de dissimuler aux yeux du commun des mortels, mais que d'autres instances ne laisseront pas passer. A moins de ne mériter que le purgatoire, ce qui ne semblait pas être le cas de Sasha, si elle se fait à ce qu'elle venait d'entendre.

Oh bien sûr, depuis l'apparition de celui dont elle connaissait maintenant le nom, Isaac, Sasha et son orgueil démesuré à toujours vouloir s'en sortir seule avait été mis à rude épreuve, tant elle s'était acharnée à l'ignorer, toute persuadée qu'elle était qu'il ne s'agissait que d'un mec relevant de la psychiatrie qui traînait en salle d'attente. D'ailleurs, elle n'avait pas manqué de remarquer papy mouzot qui avait baissé son journal pour la regarder, l'air à la fois réprobateur et étonné de l'entendre invectiver un médecin qui n'avait soufflé mot depuis leur arrivée auprès du distributeur. Qui passait pour folle, sur ce coup là ? Ignorant le vieillard, elle était restée là, le regard noir, regard que lui avait rendu une mère de famille inquiète de ce comportement, et avait emmené ses bambins crasseux plus loin dans la salle d'attente. On s'en fou, qu'elle aille se faire voir ailleurs, Sasha n'avait que faire du regard des autres. Tout ce qu'elle attendait, ce qu'elle voulait à cet instant précis, se résumait à l'urgentiste qui savourait sa barre de céréales, l'air absent, les yeux dans le vague. Génial.

Le plus surprenant dans toute cette scène curieuse aux yeux des néophytes qui peuplaient la salle d'attente, c'est qu'elles semblaient n'être que toutes les deux, mais que la seule qui parlait, c'était Sasha... qui passait pour folle ? Sasha, assurément. Belles pensées que tout ça, mais en attendant, ça ne faisait pas avancer les "choses"... si tant est que ce soit nécessaire de le faire, avec un type qu'elle ne connaissait pas une heure plus tôt, et qu'elle avait écouté calmement, la tête cachée entre les genoux. La seule à le voir et à l'entendre... Mais bien sûr ! Sasha n'arrivait pas à s'en convaincre, indéniablement, c'était quelque chose qui ne pouvait pas exister.

"Isaac... tu as déjà entendu parler de la marmotte ? Tu sais, celle qui met le chocolat dans le papier d'alu ? Ton discours est aussi crédible que cette pub pour le chocolat Milka, t'es au courant ?!"

Blague suprêmement incroyable, il avait en plus le culot de vouloir lui faire gober qu'il était une sorte de protecteur, qu'il l'aiderait à régler ses problèmes, et blablabla et blablabla... le pauvre, il semblait en bien piteux état tout de même. De plus, puisqu'elle aussi n'avait pas franchement le moral en cet instant, se confier un peu, en toute impunité, à un type qu'elle ne connaissait pas, ça ne pouvait pas faire de mal. Et puis elle était curieuse de voir ce qu'il aurait à lui dire et lui proposer, comme aide. Oui, vous en doutiez ? Sasha sait aussi être opportuniste, il n'y a pas de honte à ça !! Franchement, se prendre pour un protecteur de l'humanité...

Sasha releva la tête, essuya les quelques larmes qui avaient continué à couler à l'abri des regards indiscrets (on ne se montre pas faible en public), et releva la mèche de cheveux qui lui tombait sur les yeux, d'un geste las et empreint d'une nonchalence qui ne lui était pas coutumière. La fatigue et la faim aidant, elle releva enfin le regard, et ne put que constater que le néant... enfin, si l'on pouvait appeler ça comme ça. Les malades étaient toujours agglutinés les uns sur les autres, leur nombre semblait avoir considérablement augmenté, mais nulle trace de son interlocuteur ailé. Comment devait-elle le prendre ? Un abandon soudain de toute la volonté d'Isaac, qu'il s'était employé à mettre pour la convaincre de l'écouter ? Une disparition inexpliquée, ou peut être l'arrivée impromptue d'un médecin qui l'avait pris en charge, sans que Sasha ne s'en soit aperçue ? Toutes ces questions se bousculaient dans la tête de la jeune femme, qui se sentit d'un coup perdue, qui ressentait un besoin qu'elle n'avait pas eu depuis bien longtemps : se confier et se faire aider autrement que par la médecine ou les drogues.

Affolée, elle se releva d'un bond, balaya son regard à nouveau embué de larmes sur la salle d'attente, se dirigea vers les box de soins dont elle ouvrit les portes à la volée, se fichant bien de savoir qui faisait quoi à l'intérieur.

*Putain mais il est passé où, le bon samaritain ?*

Sasha continuait à parcourir le couloir, à ouvrir portes sur portes, à s'invectiver de reproches, sans prendre garde aux vigiles qui la suivaient au pas de course, prêts à la saisir et la mettre dehors manu militari. Elle manqua de peu un brancard qui se trouvait sur son chemin, se prit les pieds dans l'une des roues, et manqua de peu la gamelle sur carrelage froid de l'hôpital, aussi blanc que ses murs.
Finalement, elle se retrouva devant la porte des toilettes hommes, où elle entra sans autre forme de procès. Peut être qu'elle y retrouverait enfin Isaac.

Personne. Juste le bruit de l'eau qui ruisselait dans les pissotières. Rien d'autre, ni personne.
Sasha donna un coup de pied rageur dans l'une des portes et, à bout de nerfs, hurla.
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Isaac Delacroix
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Jeu 9 Aoû - 16:25

[J'ai pas non plus été très rapide O.o"]

"La marmotte ? Oh, je vois ... Tu n'me crois toujours pas ...", marmonna Isaac en croisant les bras. Le gardien baissa la tête. Ce manque de confiance ne l'étonnait pas vraiment. Comme l'avait dit Sasha, son histoire de protecteur ailé n'était pas très crédible. Mais de là à le comparer avec une publicité pour chocolat ... N'exagérons pas. Après tout, il portait des plumes et connaissait le nom de Sasha. Personne ne semblait le remarquer excepté la jeune femme et l'urgentiste. C'était tout d'même un peu plus réaliste que l'épopée d'une marmotte emballeuse d'alu ... ! Sauf qu'ils étaient dans un hôpital ... Isaac pouvait tout aussi bien être un cinglé, un détraqué en attente de son "calmant" quotidien. Ouais, finalement, le niveau de crédibilité était proche du zéro.
Le jeune homme releva le menton en ricanant. Au moins sa protégée gardait le sens de l'humour. Il haussa les épaules et déclara : "La plupart des publicités sont mensongères, non ? Mais je n'suis pas ici pour te vanter les qualités de je n'sais quelle daube. Je viens seulement ... te proposer mon aide. Si tu en veux. Tu peux voir ça comme un confident, un ami, disponible 24 heures sur 24, mais je n'suis pas là pour faire le larbin ... !"
Isaac sourit. Ben quoi ? Les mortels qui vous forcent à faire la vaisselle, le repassage ou le ménage ne sont pas inexistants. Le gardien observa Sasha qui attendait toujours, la tête posée dans le creux des genoux. Il tendit la main pour l'aider à se relever. Mais quand elle montra de nouveau la tête, reprenant ses esprits, quelque chose avait changé dans son regard. Quelque chose qu'Isaac ne compris pas aussitôt.

Isaac pensait naturellement que Sasha attraperait sa main pour se relever ... imaginez donc l'étonnement du gardien lorsque la jeune femme sauta sur ses deux pieds pour regarder autour d'elle. Quoi ? Elle cherchait quelqu'un ? Isaac se retourna. Les patients et médecins circulaient toujours dans le couloir de l'hôpital. Rien d'inhabituel. Lorsqu'il jeta un coup d'oeil plein de questions sur Sasha, la demoiselle avait ... hum, disparue.
*Hein ? Mais ... Bon sang, où est-ce qu'elle est passée ?! Elle était bien là ... Y'a à peine une seconde ... !*
Le garçon secoua la tête. Apparemment, Sasha s'était fait la malle. Elle ne devait pourtant pas être loin.
"Qu'est-ce que c'est qu'ce boucan ... Oh, Sasha ! SASHA ! Mais qu'est-ce qui lui prend tout d'un coup ?!"
En fait, y'avait qu'à suivre le bruit des portes qui claquent. La mortelle se déchaînait sur toutes celles qu'elle trouvait. Hop, une par-ci, une par-là ... Et que je fasse du bruit, que je cours en renversant des trucs sur mon passage. Isaac se mordilla la lèvre. Ah ouais, Sasha avait peut-être besoin ... de plus d'aide qu'il ne le pensait. Le gardien se mêla à la course entre le personnel de l'hôpital, les agents de sécurité et sa protégée. Il réussit à doubler tout ce beau monde en les traversant (l'immatérialité à ses bons côtés). Sasha entra alors dans les toilettes pour hommes. Isaac y pénétra à son tour, juste à temps pour la voir crier. Il s'approcha et murmura.
"Sasha ? Tu vas bien ?" Est-ce qu'elle allait bien ? Sûrement pas. Mais ce n'était pas l'moment pour ce genre de répliques. Il se retourna et bloqua discrètement la porte avec une chaise qui traînait devant les toilettes.

"Hum, si après ça, ils ne te prennent pas pour une folle ..." reprit Isaac en soupirant. Il observa Sasha un instant. Quelque chose clochait. Le gardien se posta devant elle et oscilla la tête : "Tu ... m'entends ?"
Zaza, qui n'avait plus peur du ridicule, agita bêtement la main devant le nez de Sasha. Pure vérification.
"Non seulement tu ne m'entends pas, mais en plus, tu n'me vois pas. Qu'est-ce que ça veut dire ? Je viens d'être envoyé, tu n'peux pas être sauvée ... c'est trop tôt. Alors quoi ? Je suis viré ? Je vais mourir ? Pourtant je suis encore là ... Mais qu'est-c'qui s'passe ... C'est bien la première fois qu'ça m'arrive" chuchota Isaac. Il recula de quelques pas. Sasha était à bout d'nerfs, c'était pas le moment de disparaître. Le gardien regarda autour de lui. Il devait trouver un moyen de communiquer avec la mortelle et ce le plus vite possible. S'il tardait, les dinosaures qui la pourchassaient démonteraient la porte à coups d'burin pour la sortir de ces toilettes.
*En fait, la situation pourrait être comique ... si je n'étais pas inclus dans le scénario. Maheum. Qu'est-ce que je raconte. Comment pourrais-je m'y prendre pour que Sasha me remarque, m'entende et me comprenne ... ? C'est qu'on est coincés dans des chiottes, bon dieu. Elle va se croire folle si je n'fais rien. Réfléchi zaza ...*
Isaac jeta un regard perdu sur les murs carrelés. Puis sa mine devint radieuse : Oh mais, tiens ! Son précédent mortel adorait les films d'action ! Les média étaient sources de bonnes idées ... Oui ! Il en tenait une !
Le garçon fila jusqu'aux lavabo, il pressa le distributeur de savon et appliqua le produit sur ses doigts. Il se pencha alors près d'un miroir et écrivit en lettres capitales : SASHA J'AI UN PROBLEME. TU NE ME VOIS PAS. BESOIN DE ME RENSEIGNER AUPRES DES AUTRES. MAIS D'ABORD TU DOIS TE CALMER ET SORTIR D'ICI.
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Sasha
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Dim 12 Aoû - 17:08

Personne. Ou presque.

Le pauvre type qui s'était réfugié dans le premier box disponible, après l'entrée fracassante de Sasha la furie, resserrait péniblement le noeud de sa cravate, mains tremblantes et yeux exorbités. A l'expression de son visage, on le devinait effrayé et totalement paniqué, prêt à partir en courant par la première sortie qui s'offrirait à lui. Il regardait Sasha d'un air méfiant, les pieds en équilibre sur la cuvette des toilettes, comme dans les mauvais films de série B. Vous savez, ceux dans lesquels les témoins gênants tentent de se cacher dans les toilettes, pour échapper à quelque tueur qui traîne dans le coin. Il tremblait le pauvre bougre, ne sachant que faire pour se sortir de cette situation délicate. Un seul mouvement mal contrôlé, et il se retrouverait avec un pied dans la cuvette, ses beaux mocassins de cuir brun trempés et dégoulinants d'une eau à la propreté douteuse. Pourtant, il n'avait vraiment aucun souci à se faire, Sasha ne l'avait pas remarqué, trop occupée qu'elle était à taper dans tout ce qui se trouvait sur son passage, et hurler de rage et de frustration.

Mais pourquoi fallait-il qu'elle soit toujours aussi méfiante et distante envers le peu de personnes qui lui portaient encore un peu d'intérêt ?! Elle avait une excuse, certes, l'allure du type qui la poursuivait depuis son arrivée à l'hôpital avait franchement de quoi donner des craintes à n'importe quel quidam, mais quand il avait insisté, elle avait manqué de pragmatisme. Après tout, il pourrait peut être lui servir, Isaac. D'autant plus que l'urgentiste semblait le voir, ou mieux, le connaître. Tout était perdu maintenant, tout. Elle se retrouvait à nouveau seule, et ne pouvait en vouloir à personne. Dommage.

Tandis qu'elle s'était employée au saccage en règle des toilettes hommes, Sasha n'avait prêté attention à rien ni personne, trop concentrée qu'elle était sur sa basse besogne. Il fallait maintenant se rendre à l'évidence : Issac n'était pas allé se soulager, et elle se retrouvait dans ce lieu douteux, certainement avec les molosses de l'hôpital aux trousses, qui ne manqueraient pas de lui dire comment on se tient en société, dès qu'elle aurait mis le nez dehors.

*Ma vieille, le moins qu'on puisse dire, c'est que tu t'es encore mise dans le pétrin*

Un peu plus, et elle était tentée d'applaudir bruyamment, histoire de se faire remarquer un peu plus. Mais non, au lieu de ça, elle descendit la fermeture éclair de son blouson, le laissa glisser sur le sol, et se dirigea vers l'une des toilettes disponibles, en passant devant le box où l'homme se tenait toujours. Seule sa tête dépassait de la porte, et lorsqu'il vit Sasha approcher, il la referma rapidement, dans un claquement sec. Amusée, Sasha entra dans le "sien", referma la porte, et entreprit de se soulager. Les émotions fortes provoquent ce genre d'envies chez certaines personnes, Sasha en faisait partie, rien de bien extraordinaire. Assise sur la cuvette, le jean's sur les cheville, elle réfléchissait à la meilleure façon de se sortir de là. L'urluberlu ailé était finalement parti, elle avait désorganisé la totalité du service avec ses frasques, et était maintenant dans les chiottes pour hommes, coincée. Ca, elle le savait déjà, alors pourquoi fallait-elle qu'elle ressasse tout ça ? Pour analyser la situation, quelle question !

Toute à ses réflexions, elle entendit soudain un bruit étrange, qui venait de la porte. Nom de dieu, voilà le service de sécurité qui avait finalement utilisé leur encéphale à bon escient, et qui devaient certainement être ravis de pouvoir enfin mettre la main sur celle qui avait osé leur donner du travail, un jour d’orage et de pluie, la salle d’attente pleine à craquer. Rapidement, elle se rhabilla, et sortit de son box, l’air méfiant. Ses cheveux courts et son tee-shirt moulant suffiraient-ils à blouzer les molosses, et l’aider à se faire passer pour un homme ? Il y avait peu de chances… Tant pis pour elle, il faudrait bien qu’elle assume ce qu’elle avait fait. Prenant une grande inspiration d’air vicié, elle sortit enfin, et ouvrit la bouche, prête à défendre ses actes et sa présence ici. Les mots peu dignes d’une femme s’éteignirent sur ses lèvres, Sasha resta interdite… Personne, pas âme qui vive, aucun signe de qui que ce soit.

*Là, c’est le pompon ! Voilà maintenant que tu entends des bruits venus de nulle part. Tu te bonifies avec le temps, ma ptite Sasha !*

Un autre bruit attira rapidement son attention, cette fois vers les lavabos d’un blanc immaculés. Le distributeur semblait mu d’une vie propre, son poussoir bougeait seul, et le savon s’en écoulait, sans pour autant tomber sur le bord de formica. Cette fois, c’en était trop pour elle. D’accord, elle avait consommé des substances illicites, mais pas en quantité telles que son cerveau soit déjà atteint. Ou, alors, elle souffrait d’hallucinations, et ça, c’était une nouveauté. Une nouveauté effrayante, cela va sans dire. Le savon se déplaça ensuite dans l’air, soutenu par une main invisible, avant de s’arrêter brusquement devant le miroir. Sasha ferma les yeux, inspira un grand coup une nouvelle fois, et se mit une gifle retentissante, qui laissa une marque rouge sur sa joue. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle s’attendait à ce que toutes ces hallucinations aient disparu, mais non. Le savon était toujours là, suspendu. Lorsqu’il se mit à tracer des lettres sur le miroir, Sasha recula, effrayée. Le souffle court, dos au mur carrelé et froid, elle attendit. Attendit que tout ceci s’arrête, que tout revienne à la normale. Avec un peu de chances, elle se réveillerait dans son studio miteux, en sueur, essoufflée, mais rassurée de constater que ce n’était qu’un vilain cauchemar. Les mouvements sporadiques du savon cessèrent enfin, et Sasha pu lire ce qui était maintenant écrit en lettres capitales sur le miroir.

« SASHA J'AI UN PROBLEME. TU NE ME VOIS PAS. BESOIN DE ME RENSEIGNER AUPRES DES AUTRES. MAIS D'ABORD TU DOIS TE CALMER ET SORTIR D'ICI. »

Un rire hystérique s’échappa alors d’une Sasha totalement désorientée, cette fois pas de doutes, elle était bel et bien devenue folle. Sans réfléchir, elle se dirigea vers les lavabos, arracha une grande feuille d’essuie mains, et entreprit de nettoyer le tout avec frénésie. Pas question de finir la journée dans un service de psychiatrie. Personne ne voudrait la croire si elle racontait que ces mots étaient apparus seuls, que ce n’était pas elle qui les avait écrits. Cependant, un doute la taraudait. Si effectivement ces mots avaient été tracés de la main d’Isaac, lui qui se vantait d’être invisible – ce qui était le cas, elle était presque seule dans les chiottes – il avait maintenant un bon moyen de lui prouver qu’il était là pour l’aider… Elle jeta l’essuie mains souillé dans la corbeille la plus proche, et reprit son monologue, la voix plus forte que jamais.

"TU as un problème ? Nan mais laisse moi rire, c’est l’hôpital qui se fout de la charité là ! Et puis te renseigner auprès des autres, c’est bien, mais je fais quoi moi, hein, je fais quoi ? Tu dis vouloir m’aider, et tu veux te barrer ? Très bien, puisque c’est comme ça, on va voir qui est le plus fou des deux : fais moi sortir d’ici sans que je me fasse choper. Ca te va comme marché ? Quant à me calmer, ça dépend uniquement de toi !! Fais ton boulot puisque c’est c'que t'es censé faire !!

Essoufflée, Sasha tourna le dos au miroir, fit un petit saut qui lui permit de s’asseoir sur le bord des lavabos, et commença à balancer ses jambes dans le vide, tout en sifflotant. On allait bien voir s’il existait vraiment, ce protecteur fantoche.
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Isaac Delacroix
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Lun 20 Aoû - 21:07

Isaac contempla Sasha dans toute sa fureur. Et ça faisait peur à voir ! Décoiffée, enragée, hors d'elle ...
"Que je la sorte d'ici sans qu'elle se fasse prendre ? Gnah, elle me prend pour qui ... J'ai dit que j'étais un gardien, pas un super-héros. C'est pas comme si j'pouvais la téléporter en un claquement d'doigts !"
Le jeune homme croisa les bras. Cette situation ne lui plaisait pas - mais alors pas du tout. Tiens c'est vrai ça, pourquoi est-ce qu'ils ne pouvaient pas se téléporter ? Ce s'rait tout aussi pratique que l'arrêt du temps et la dématérialisation. Ca réglerait leurs problèmes en un rien d'temps. Mais NON, il devrait se débrouiller avec deux pouvoirs merdiques. Deux pouvoirs à courte durée. La vie - ou plutôt la mort - était injuste ! Isaac fit la moue. Il reprit sa réflexion à haute voix : "Comment pourrais-je la sortir d'ici ? Bonne question, ahah. Je pourrais ... ressortir des toilettes et sonner l'alarme de l'hôpital ... les gorilles seraient bien obligés de partir pour évacuer les patients ... non, ça mettrait une pagaille monstre. Mauvaise idée, comme toujours !"
Isaac glissa une main sur son front. Il n'y avait pas de fenêtre. Inutile de songer à s'échapper par le conduit d'aération, c'est tout juste s'il pouvait y glisser la main ... Ses yeux parcoururent les murs carrelés. Cul d'sac.
"Quelle idée de se planquer dans des toilettes. Non mais franchement ... Elle m'envoie promener deux fois d'suite puis quand je disparais, elle me cherche partout, déclenche une panique générale, tout ça au risque d'être prise pour une folle ... Où est la logique ?" râla le gardien en faisant les 100 pas dans la pièce.

Le protecteur fantoche jeta un regard noir vers les lavabos. Sasha sifflotait maintenant, balançant les jambes, l'air tranquille, dans son élément. Quoi, elle le narguait ? Pffff fffff. Si ce n'était pas sa mortelle, il quitterait les lieux sans attendre. Mais Isaac avait des obligations. Il soupira : "Surtout, ne m'donne pas d'coup d'main."
Puis ses yeux analysèrent le plafond. C'était un recouvrement de dalles, comme on en voyait dans la plupart des bâtiments publics. Rien d'exceptionnel. Mais avec un peu d'chance Sasha arriverait à retirer l'une des plaques pour se faufiler à l'intérieur et rejoindre l'autre bout du couloir. En tout cas ça valait l'coup d'essayer. Isaac grimpa sur le lavabo, juste à côté de Sasha. Il attrapa une poubelle au passage qu'il cala à l'intérieur de la cuve pour atteindre le plafond. Puis le gardien escalada son échelle de fortune - non sans peine, heureusement que la protégée n'entendait pas ses jurons. Il leva les bras et entreprit de déplacer un panneau du plafond. Ne restait plus qu'à trouver un moyen de monter dans les entrailles du plafond sans détruire tout ce qui l'entourait.
*Tsss. Arg ... Moi et le sport, ça a toujours fait deux ... Niarf. J'espère que Sasha est douée en gymnastique*
Isaac glissa ses mains sur le rebord du miroir puis tenta maladroitement de prendre appui sur le distributeur de savon. Après quelques échecs cuisants, le jeune homme réussi à se hisser entre les dalles. L'espace entre le faux plafond et le premier étage était suffisamment grand pour s'y faufiler. Apparemment, y'avait moyen de suivre ce chemin jusqu'au bout du couloir. Si sasha se déplaçait doucement ... sans passer à travers les plaques du plafond ... elle n'aurait qu'à enlever le dernier panneau pour sauter face à la porte de sortie.

Le gardien lâcha prise pour retomber lourdement dans le lavabo. Il se releva difficilement puis reprit son moyen de conversation, c'est-à-dire un peu de savon sur le bout des doigts, écrivant finalement : "TU CROIS QUE TU POURRAIS GRIMPER LA HAUT ENTRE LES PLAQUES DU PLAFOND POUR REJOINDRE LE COULOIR ? A MOINS QUE TU N'AIES UNE MEILLEURE IDEE JE NE VOIS PAS D'ISSUE. CA TE TENTE UN PEU D'ESCALADE ?"
Isaac s'essuya les mains sur un morceau de papier. Il attendait la réaction de Sasha. Espérons qu'elle ne se mettra pas en colère. Ou qu'elle aura une meilleure idée, parc'que celles du gardien n'étaient pas brillantes.
*Je pourrais toujours la guider. Ah mais c'est vrai, elle ne m'entend plus ... Muarf. Si j'enlève la dalle en face de la porte, elle saura quand et où descendre. Le personnel de l'hôpital ne devrait pas trop y porter attention*
Lorsque le garçon fut certain que Sasha avait lu son message, il l'effaça avec l'essuie-main pour aussitôt en écrire un deuxième : "ENSUITE ON TENTERA DE TROUVER UN DEUXIEME GARDIEN ET SON MORTEL. JE COMPRENDRAI PEUT-ÊTRE POURQUOI ON NE SE VOIT PLUS. C'EST PAS NORMAL. ET PUIS TU AURAS LA CERTITUDE QUE JE N'EXISTE PAS SEULEMENT DANS TA TÊTE", eh oui, ça semblait nécessaire puisque Sasha n'en avait pas l'air convaincue. Isaac jeta son essuie-main dans la poubelle qu'il avait précédemment utilisée pour grimper jusqu'aux dalles. Il glissa ses mains dans les poches de son jean en patientant. Avec toutes ces piteuses acrobaties, s'il ne s'en sortait pas avec une aile cassée ... bon sang. Quelle situation merdique.
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Sasha
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Dim 2 Sep - 16:33

[Décidément, je suis abonnée aux réponses plus que tardives... vraiment et sincèrement désolée T.T]

Sasha n'avait pas bougé de sa position initiale, balançant les jambes avec une nonchalance déconcertante, et se mettant en plus à siffloter l'air des 7 nains, "eh oh, eh oh, on rentre du boulot...", un air narquois sur le visage. Son attitude préférée, il fallait bien le dire, elle adorait ça, provoquer les gens quels qu'ils soient ! Tandis qu'elle attendait le moindre signe de celui qui s'échinait à vouloir l'aider, elle imaginait sa tête, le flot de pensées qui devaient lui traverser l'esprit, espérant un tantinet qu'il soit en boule. Après tout, la colère n'est pas l'apanage des mortels, même s'il paraît que c'est l'arme des plus faibles. Qu'importe, s'il était en pétard, son but serait atteint. Il lui avait titillé les nerfs, c'était un prêté pour un rendu !

Ne lui demandez pas par quel miracle, d'un coup d'un seul, Isaac apparut devant ses yeux, qui s'arrondirent comme des boules de loto... Toujours est-il qu'il était à nouveau là, le visage levé vers le plafond, le front plissé d'une vilaine ride de réflexion, se passant la main sur le front, à se demander comment il allait pouvoir relever le défi lancé par Sasha la lunatique. Interloquée, Sasha stoppa net le mouvement de balancier qu'elle avait donné à ses membres inférieurs pendant les minutes qui avaient précédées, tout comme son sifflement de moquerie. Alors comme ça, en plus d'être un cinglé échapé d'un bal costumé, il avait en plus un truc pour disparaitre. Enfin, revenons à la réalité : pour faire croire qu'il pouvait disparaitre à volonté. Il avait visiblement envie de jouer, Sasha n'allait donc pas s'en priver non plus.

Sans mot dire, le regard rieur, elle le laissa s'acharner à faire de l'escalade dans les chiottes publiques d'un hôpital, jurer comme un beau diable parce qu'il peinait à atteindre son but final, manqua d'éclater de rire quand il s'en fallu de peu pour qu'il se vautre lamentablement sur le carrelage, pour finalement attérrir comme un troupeau d'éléphants dans le lavabo. En revanche, lorsqu'il reprit son petit manège avec le savon et son index chétif, elle n'y tint plus. Sasha éclata de rire, fit un petit bond pour pouvoir lire les messages successifs que son compagnon de folie s'était employé à écrire sur le miroir des toilettes, et s'approcha de lui l'air condescendant lorsqu'il jeta l'essuie mains dans la poubelle qui lui avait servi d'escabeau.

Sa voix se fit aussi condescendante lorsqu'elle arriva à sa hauteur, et entoura les épaules d'Isaac de son bras, pour lui chuchotter à l'oreille des mots qui ne pourraient être autres que moqueurs.

"Isaac... comment veux-tu être crédible, après la démonstration que tu viens de me faire, hein ?"

Le bras toujours posé sur les épaules du jeune homme, dont les plumes savamment posées dans son dos sentaient la poussière, elle leva elle aussi son regard, et constata les dégâts. Alors comme ça, il voulait la faire jouer les filles de l'air ? Ben tiens, et tant qu'à faire, elle pourrait aussi reproduire la scène de "Mission Impossible", et atterrir sans encombres dans une pièce voisine, qui avec énormément de bol, serait vide. Hors de question, elle était bien trop rouillée et fatiguée pour ce genre de conneries. Son fou rire la reprit, mais cette fois pour une raison autre que la précédente. Elle s'écarta vivement de ce jeune homme franchement bizarre, mais qui commençait à l'amuser.

"Désolée, je suis chatouilleuse..."

Sasha tourna son regard vers la porte, qui était désormais entre-ouverte, la chaise qui bloquait la poignée avait retrouvé sa place initiale, près de l'entrée. Le pauvre type qui était venu se soulager un peu plus tôt avait du déguerpir, ne voulant pas rester une seconde de plus avec ces deux cinglés. Et oh miracle, personne d'autre n'était entré. Etaient-ils tranquilles, finalement, ou les molosses les attendaient de pied ferme de l'autre côté, près à leur bondir dessus dès qu'ils pointeraient le bout du nez ? Il n'y avait qu'un seul moyen de le savoir... Son regard revient se poser sur Isaac, pleins de défi.

"Puisque tu as l'air téméraire, vu tes acrobaties, et que tu souhaites me présenter tes "amis", voyons voir si tu seras courageux..."

Se moquant légèrement de la réaction du jeune homme, Sasha se dirigea enfin vers la porte, se saisit de la poignée de plastique, et commença à l'ouvrir. Sans se retourner, elle lança un nouveau défi à son compagnon de jeu du jour.

"Bon, tu viens ou tu prends racine ici ?
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Isaac Delacroix
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MessageSujet: Re: °How to save a Life°   Sam 29 Sep - 19:58

[Et moi donc ... Désoléééééé, c'est nul, je suis en r'tard et c'est nul T.T]

Alors qu'Isaac se tuait à trouver un moyen de faire sortir Sasha des toilettes de l'hôpital, celle-ci se fichait ouvertement de sa gueule. Et ça, le gardien ne l'avait pas remarqué de suite ... il était trop occupé dans l'élaboration de son "plan" pour prêter attention à son changement d'attitude. Mais d'un coup la mortelle éclata de rire et glissa son bras autour de ses épaules avec un petit air moqueur. Elle le voyait donc ?! Mais ... depuis combien de temps ? Est-ce qu'elle s'amusait simplement, depuis le début ? Elle se jouait de lui ? Le visage d'Isaac passa du blanc au rouge. Il explosa.
"Que ... QUOI ?! Alors tu te fichais de moi ? Je ... arg ! Tu n'es vraiment qu'une sale petite garce !" s'exclama le gardien en serrant les poings. Il leva les yeux vers Sasha pour lui jeter un regard de pitbull. Mais cette dernière décampait déjà vers la porte entrouverte. Alors maintenant, elle voulait se risquer à sortir le nez dans le couloir sans savoir si les agents de sécurité l'attendaient ? C'était quoi ça ? Un suicide ? Isaac croisa les bras, yeux plissés et menton levé.
"Tu te fous d'moi ... tu veux que je t'aide à sortir ... et finalement ... tu te jettes à l'eau, comme ça ? le gardien haussa un sourcil. Sasha était bizarre. Et ce qu'il venait de faire alors, tous ses efforts, à quoi servaient-ils ? A rien ? Bordel. C'était ça l'problème ... Isaac ne servait à absolument rien. Le jeune homme décroisa les bras qu'il laissa retomber lourdement contre lui. Il reprit d'un ton plus reposé : "Tu crois quoi là ? Que je vais te tenir la main jusqu'à l'accueil de l'hôpital après ce que tu viens de faire ? Oui, je suis susceptible. Ce n'est pas parc'que je suis mort que je suis devenu insensible aux sarcasmes. C'est vrai que je suis censé te suivre partout et t'aider à résoudre tes problèmes, mais après tout ça ... Désolé. Je n'en s'rai pas capable. Tu m'fatigues déjà au bout d'une heure, alors imagine ... un an ?"

Isaac hocha la tête en signe de négation. Il ne pourrait pas supporter Sasha pendant un an. Certains gardiens gardaient en laisse les mortels les plus indomptables pour une éternité, mais ce gardien-là n'en avait pas la patience.
*De toute façon, elle m'a l'air suffisamment futée pour se prendre en mains toute seule. Je la suivrai de loin, au cas où ... De très loin. Mais bon sang, je n'supporte pas qu'on s'moque de moi comme elle vient de le faire ... Garce*
Le jeune homme observa sa mortelle une dernière fois. Il se fichait pas mal de sa réaction. Est-ce que son abandon la vexerait ? Serait-elle heureuse qu'il lui lâche enfin les pompes ? Ou peut-être s'attendait-elle à ce genre de retournement de situation. Peu importe, Isaac quitta fièrement et dignement les toilettes en traversant la porte. Il n'attendit pas Sasha et disparu quelques mètres plus loin à travers un mur, pour réapparaître quelques secondes plus tard, passant la tête à travers la cloison et balançant un bref et rancunier "Va crever". Celui-là, il l'avait sur le coeur depuis un moment. Bref. Isaac sortit de l'hôpital les mains dans les poches. Les yeux mauvais rivés sur ses chaussures. Abandonner son mortel n'était pas son habitude. Bah ... il était en tort ... mais ... il la retrouverait. Il retournerait la chercher d'ici quelques jours *Aaaaaah, quelle journée. Elle m'a bien eut. Me faire croire qu'elle ne me voyait pas ... C'est bien la première fois qu'on me fait ce coup. Bien joué. Elle devait s'marrer à m'observer escalader le mur pour monter sur le plafond. ¨Pfff, quoiqu'il arrive, je me ridiculise toujours hein ? Pas d'bol. Faut croire que j'ai ça dans la peau* pensa le gardien en soupirant. Ouais. Quelle poisse ... La chance ne lui portait pas conseil. Pourtant, le garçon en aurait bien besoin. Mais s'il était chanceux, Isaac ne serait pas mort, n'est-ce pas ?
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